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L’agriculture épargnée par l’accord entre l'Inde et l'Union européenne

De gauche à droite : Antonio Costa, président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Narendra Modi, Premier ministre de l'Inde le 24 janvier 2026 à New Delhi.

L'accord commercial de l’Union européenne avec l’Inde officialisé mardi 27 janvier 2026 ne prévoit pas d’importation de produits agricoles. La filière viticole pourra même en bénéficier.

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C’est un accord de libre-échange conclu sans manifestations agricoles. Et pour cause, l’accord officialisé ce mardi 27 janvier 2026 entre l’Inde et l’Union européenne (UE) ne prévoit pas d’importation de produits agricoles au détriment de la production nationale ou européenne. Après vingt ans de négociations, l’accord de libre-échange avec l’Inde va créer « une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes », rapporte la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Il pourrait bénéficier au secteur viticole français.

Vins, pâtes et chocolat à l’exportation 

Les droits de douane indiens sur les vins doivent ainsi passer de 150 à 20 %, ceux des spiritueux sont ramenés à 40 %, ceux sur les pâtes ou le chocolat (actuellement à 50 %) être totalement supprimés et les véhicules « made in Europe » doivent ainsi passer 110 à 10 %, a détaillé l’UE.

« L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé », avait indiqué Ursula von der Leyen dès son arrivée dimanche en Inde, pariant sur un doublement des exportations européennes.

Alors que l’accord commercial avec les pays du Mercosur provoquait de nombreuses manifestations agricoles, la présidente de la Commission européenne avait assuré le 14 janvier, que l’accord avec l’Inde exclurait l’agriculture, en particulier les produits laitiers et le sucre, rapportaient nos confrères d’Euractiv.

L’exclusion des produits agricoles n’est pas qu’une préoccupation européenne. L’Inde a une attitude très protectionniste sur ce secteur, omniprésent dans les emplois du pays.

En juillet dernier, le ministère de l’Agriculture avait émis des réserves sur l’importation possible de viande ou de sucre — les deux filières indiennes les plus structurées à l’exportation et avec le plus de risque pour la France. Mais elles restaient largement limitées, « notamment pour des raisons sanitaires ».

« Bien qu’il existe certaines opportunités sur le marché indien, pour quelques produits agricoles européens, il apparaît opportun de maintenir des mesures de protection au niveau de l’UE afin de limiter l’accès de certains produits au marché européen », concluait alors le ministère. Ses recommandations ont été suivies.

Bijoux, cuir et travailleurs saisonniers

L’Inde attend une hausse de ses exportations dans de nombreux secteurs dont le textile, les pierres précieuses, la joaillerie, le cuir et les services, a souligné son Premier ministre. New Delhi et Bruxelles ont également paraphé mardi un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers, les échanges d’étudiants, de chercheurs ou de certains professionnels à forte qualification. Outre le seul domaine commercial, les deux parties ont étendu leur partenariat en matière de défense et de sécurité.

Dans un contexte géopolitique mondial incertain, ce pacte doit permettre aux deux parties de mieux se protéger de la concurrence chinoise et des effets de la guerre des droits de douane engagée par les États-Unis. Devant la presse, le Premier ministre indien Narendra Modi et ses deux invités, le président du Conseil européen Antonio Costa et son homologue de la Commission Ursula von der Leyen, ont rivalisé de superlatifs pour célébrer leur réussite. « C’est l’accord de tous les accords », s’est réjoui Narendra Modi. « Ce traité va offrir de nombreuses opportunités au 1,4 milliard d’Indiens et aux millions d’habitants de l’UE », a-t-il ajouté. « Nous avons créé une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties », a renchéri Ursula von der Leyen. Les derniers obstacles à la conclusion du texte ont été levés lundi lors d’ultimes tractations entre négociateurs.

Économiser 4 milliards d’euros

L’Inde et l’UE espèrent doper leur commerce en réduisant leurs droits de douane réciproque dans de nombreux secteurs. Selon Bruxelles, la réduction des taxes indiennes sur les importations européennes devrait permettre à l’UE d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros chaque année, notamment sur des produits emblématiques.

Pour sa part, New Delhi considère l’Europe comme une source indispensable des technologies et investissements dont elle a un cruel besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois pour sa population.

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